Un scénario pour Hollywood
Digne d’un des meilleurs films hollywoodiens ! C’est ainsi qu’un simple fait divers a pu prendre de telles proportions. Tous les meilleurs ingrédients du cinéma américain étaient réunis pour faire un cocktail détonant. Politique, argent, corruption, passe droit, tout cela était rassemblé dans un même fait divers. Depuis, l’affaire n’a pas fait de réelles vagues et tout un chacun comprendra pourquoi dans quelques lignes.
L’affaire en question est dirigée contre les hautes sphères de l’Etat, exactement ce dont les scénaristes d’Hollywood sont friands.
Les personnages visés : l’actuel président de la République, alors ministre de l’intérieur, et l’ancien sélectionneur du XV de France, devenu depuis secrétaire d’Etat.
En effet, la direction du casino de Gujan-Mestras en Gironde a porté plainte pour favoritisme contre le ministère de l’intérieur, à l’époque dirigé par Nicolas Sarkozy. Cette plainte visait aussi Bernard Laporte qui détenait des parts dans les casinos qu’il a dû céder lors de son entrée au gouvernement en octobre 2007.
L’histoire est en définitive très simple. Le casino du lac de la Magdeleine a ouvert ses portes le 23 décembre 2005. Quelques semaines plus tard, le ministère de l’intérieur refuse la demande d’exploitation de cent machines à sous, sachant que les machines à sous peuvent fournir jusqu’à 80% des revenus des casinos. En revanche, le ministère de l’intérieur donne son feu vert pour l’exploitation de cinquante machines à sous qui ne pourront entrer en fonction qu’à la fin de l’année 2006, ce dernier point ayant été annulé par décision du tribunal administratif.
Les plaignants argumentent alors en soutenant que le ministre de l’intérieur a refusé leur demande d’exploitation afin de préserver les intérêts des grands groupes de casino, nommément les groupes Partouche et Barrière.
L’histoire semble déjà digne d’un polar politico-judicaire des plus trépidants. Pour autant, il n’en est rien, excepté si un ou des scénaristes planchent sur les brèches de l’histoire. En effet, l’affaire finira par un non lieu, blanchissant à la fois Bernard Laporte et le président de la République.
L’attaque contre le candidat de l’UMP, ce qu’il était à l’époque du dépôt de la plainte, peut évidemment laisser place à de nombreuses divagations et laisser poindre en filigrane une attaque politique, argument toujours avancé lorsque de tels évènements surviennent en pleine campagne électorale.
Peu importe la véracité de l’histoire en fait. Le plus important, c’est que le fantasme reste intact dans de nombreux esprits. La mafia rôde, la corruption se répand, sur fond de roulette russe et de blackjack. Intéressant décor pour un film, comme nous l’avions dit.





